O, l'oeil du chat
EXTRAIT AUDIO (lecture: Jérôme Parzyfz)
Présentation
Poème chorégraphique en 5 actes et 26 tableaux:
Sur la présence possible de l’Autre, révélation et égarement relatif dans certaines formes du désir.
« Tous les loups se ressemblent et se pétrifient au dépend de l’Autre (le loup mange des pierres, Dom Juan mange des pierres) »
Début
FRANCHISSEMENT I
(PERFORATION)
L’enfant se languit d’être enfant.
Son œil droit tourne torve.
La peau si lisse
se retourne en excroissances.
Une main se fait loup.
Dès à présent les seins pendent
en offrande sanglante :
le regard d’eau invite au sacrifice.
La tresse des cheveux, lourde,
entortille la beauté de son visage. »
Autre extrait
Elle ne semble pas vouloir dire ce qu’elle pourrait vouloir dire, qu’elle connaît, au petit animal qui pourrait s’en effrayer en fin de compte bien qu’il soit de là dont elle pourrait vouloir lui parler, comme ça, parce que c’est un peu aussi de sa faute.
Elle conserve heureusement (il ne peut plus la laisser seule !) le contrôle de l’éclairage,
et la trace en sous main de son ancien visage, une emprunte,
qui, certes, tient à peine à sa place, à son ancienne place, on s’en aperçoit, mais à peine, dans la pénombre qu’elle dirige.
Elle tient les clés subtilement du mensonge nécessaire :
tout ce qu’il faut cacher
en attendant que ne pénètre, elle s’enferre,
Barbe bleu
dans son antre !
*
Et quand s’ouvre la porte des mutilations affligées,
rongée sans frein
l’enfance en allée alors passe
où le sang coule
et les cordes se tendent
dans un froissement très froid.
*
Retour du point donc, ô mais de non retour cette fois, le véritable œil de O
grand ouvert
qu’on voit aussi dans la clé de son doigt
enclenchant tous les rouages
de la soif qui se met à hurler des corps, les criblant
qu’elle n’en sortira jamais, s’abreuvant d’elle-même :
vous mangerez vos langues
vous ne libèrerez rien :
O n’est qu’un trou, qui se répand, noir, dans lequel O s’enfonce en contorsion. »