La Parole

EXTRAIT AUDIO (lecture: Jérôme Parzyfz)

Présentation

 

La parole,

remontant de l’absence de parole,

rejoignant peu à peu,

ce semble,

la Parole.

 

 

Début

 

L’absence de parole

Il leur faut des sensations fortes, très fortes, maladives, du bruit, beaucoup de bruit, des machines et de constantes modifications matérielles, de la nouveauté, sinon ils ne se sentent pas être, ils sont morts.

 

Entrer, pour n’en plus sortir, dans le boyau fœtal des bruits humains, images : serré, entretenu, glissé, digéré, expulsé !*

 

L’idéologie dominante actuelle : trouver l’argent afin de participer à la grande partouze, la partouze de luxe, la partouze entre-gens.

 

Nos sexes sont nos fruits de chair, ils évoluent comme tels.

 

Tous les leurres du corps (les lèvres plus évidemment) renvoient au galbe du clitoris, la dernière porte (de ce lieu-ci).

 

Jubilation creuse et ennuyeuse du pur mouvement des corps. Piètre sautillement de basse cour, danfe**.

Nécessité humaine du verbe, pour décoller ; il ne s’agit pas simplement de s’empêcher de se noyer dans la férocité lourde des corps.

 

Cependant,

le mouvement tout en vitesse du corps

– la faible amplitude sexuelle du piston –,

par la danse, entre dans l’espace libre

d’extension des langages. 

 

 

Autre extrait

 

Chercher la Parole

 

On ne fait pas un chemin en songeant à qui remontra sur vos traces. Oubliez donc les traces.

 

La littérature est un mode d’exploration, voilà ce qu’est la littérature !

 

Tu cherches une position qui te permette d’avoir le regard fixe ?! non tu cherches la position qui corresponde à ton regard.

 

Qui ne se pose pas de questions meurt.

Qui s’en pose s’engage (sans retour) sur la voie du Mont Douloureux.

 

Livres d’exploration prospection des possibilités de l’existence (–– se sortir de la non existence).

 

Rousseau, les Rêveries : le moteur, la source active de l’âme est la pensée (pas d’âme sans pensée) ; l’âme peut se caler sur le rythme de la nature et prendre de ce fait une autre étendue. La pensée est en rapport de substance avec la nature.

 

Un peintre peut progresser dans sa réflexion ; il y a d’autres moyens de penser qu’avec les mots. Il peut aussi rester très longtemps arrêté sur le même sujet, dans un rapport de fascination avec ce qu’il a saisi.

 

J’apprends ce que dit la peinture par les peintres. Le langage est un autre matériau.

 

Le peintre voit dehors ce qui se dit en lui.

 

Les couleurs parlent (Zao wou Ki)

La nature parle (Pénone)

Les objets parlent (Chen Zhen)

Les signes parlent (Basquiat)

Ils parlent essentiellement du réel

et puis de volonté humaine de chercher autre chose.

 

Le peintre peint une jeune fille sur un balcon tout en étudiant la fragmentation de la lumière, et il exprime malgré lui peut-être la pensée d’un mouvement mécanique de masse qui ne mène à rien, à la guerre, la mort, est le contraire finalement du mouvement, interpelle sur la vraie nature du mouvement.

 

Le sang est noir (Soulages) ; le rouge est sa danse de séduction.

 

Les livres cherchent, dans le langage.

 

 

 

 

 

 

 

 


* Wang Du, Le tunnel d’espace temps, Palais de Tokyo 2004

** José Montalvo, Dominique Hervieu, On danfe ; Chaillot 2005

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