CHRETIEN DE TROYES, D'une perspective mystique et tragique de l'âme


Présentation

Lecture au sens de Van Gogh:
"Il faut apprendre à lire, comme on doit apprendre à vivre."


Début

L’œuvre possible

 

 

Préambule du livre

 

Le roman comme « semence » : le travail de Chrétien participe à une vaste entreprise de création de la Vie par l’homme.

Dédicace, éloge du comte Philippe de Flandres, mécène et commanditaire de l’œuvre ; qui participe ainsi lui-même à la grande Œuvre de l’homme suivant les principes fondamentaux de l’Eglise, nous dit-on (Justice, loyauté, sainteté).

Source de son ouvrage : un livre intitulé « le conte du graal ». Idée d’une filiation, d’une continuité dans l’Oeuvre, d’une transmission possible.


Autre extrait

Deuxième partie

 Trouver le sens, à donner, à sa vie, la vie

 

1.

 

Fin de la fête qui n’aura duré que trois jours ; fin de la vie dans toute sa splendeur (à l’image du portrait de Blanchefleur), dans toute sa facilité ; fin de l’état de grâce.

 

Irruption de la pucelle à la mule jaune : être dégradé, animalisé, informe ; elle reproche à Perceval d’être responsable de l’état du roi Pêcheur, de son état à elle indirectement, et de celui du monde à venir. Elle le rend responsable de la dégradation, mort du monde : « tous ces maux-là viennent de toi ». Elle lui reproche de ne pas avoir saisi la chance de la bonne Fortune pour s’enquérir du mystère de la vie ; il a laissé passer la vie, s’est contenté d’en jouir, sans chercher à comprendre le secret et maintenant elle lui échappe : « je m’en vais ne vous en déplaise ».

C’est la vie, dégradée, en train de mourir, parce que maltraitée, qui s’éloigne de Perceval ; la vie s’éloigne de et en Perceval.

 

Conscience de la mort en soi entraîne soif collective d’aventure, de quête, plus ou moins ciblée d’un sens à donner, ou trouver (en urgence), à sa vie.

 

Après le départ de la vie, dégradée (la perspective de la mort), reste, entre autres, la perspective donnée comme vaine du Château Orgueilleux : Giflès s’y précipite. D’autres, plus avisés, cherchent une autre voie : Gauvain part en quête de lumière par l’amour (il part tenter de délivrer la dame de Montesclaire) ; Perceval, sans savoir comment, ne veut que tenter de résoudre le mystère de la lance, « quelle est cette lance et pourquoi elle saigne ».

Quelle que soit la voie choisie, le chemin sera désormais « douloureux » (il s’agit dès lors de se jeter « même dans la plus ténébreuse et la plus noire des contrées », la contrée du Mont Douloureux).

 

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